Journée de la Jupe ???

Journée de la Jupe ???
Que les jeunes garçons biactolés se réjouissent, il n'est pas encore venu le temps où, à l'instar d'Alain Souchon, ils ne pourront plus voir "sous les jupes des filles".
En effet, depuis le 21 mars, un mouvement est né dans quelques lycées bretons (comme par hasard !) : les filles revendiquent le droit à la jupe !
"Trop de garssons se moque de nous si on veu tanter de se maître en jupe au lissé, il est temps que sasesse ! On na le droit d'être fée minine, bordel de merde !"
Soit.
La journée de la jupe est donc née.
YOUPI !
Il y a près de 40 ans, ces demoiselles défilaient pour avoir droit au pantalon mais comme chacun le sait, la nature humaine, et notamment la mode est précaire (oui, il fallait absolument que je case ce petit mot très tendance aujourd'hui).
Et les garçons de confirmer aux journalistes : "Oui, cé bêtes de se moquer delles, elles son très bêles en jupe". Tu m'étonnes !
La majorité de ces jeunes mâles en rut qui peuplent les lycées à la recherche de la donzelle qui voudra bien les dépuceler ne peuvent que se réjouir d'une telle entreprise. Ils attendent même avec impatience qu'une belle blonde lance la "journée du décolleté": "parce qu'il y en a marre qu'on soit pris pour des putes juste pasqu'on montre un bout de seins ! C'est vrai quoi ! On est des fames, on a des seins, on a le droigt de les montré !"

Evidemment, les jeunes homos planqués par-ci par-là, dans les lycées attendent eux-aussi leur "Journée du Boxer" : "parce qu'il y en a marre qu'il y a que les filles qui peuvent mètre en navant leur zatou fizik ! On est des mecs, on na des gros paquets, on le droi de les montrer !". Alors zou, tous les mecs en Boxer pendant une journée ! Et interdiction formelle de tricher avec la classique canette de Coca planquée dans le calbut !

Photo : Comme chacun peut le constater, je me prépare activement à la Journée du Shorty... sponsorisé par CK

Bien sûr les petits boutonneux intellos du premier rang hésitent encore entre l'instauration d'une "Journée des Lunettes Cul-de-Bouteille" ou la mise en place d'une "Journée Barmuda à carreaux" mais ils ont déjà fait les démarches nécessaires auprès de Biactol pour un sponsoring tip-top !

Les professeurs, quant à eux, espèrent sans grand espoir, voir naître un jour, la "Journée sans Insultes, Coups de Couteaux et Coups de Boules". Pour l'instant, les syndicats lycéens se montrent en désaccord avec cette Journée qui selon eux "ne respecteraient pas la liberté de parole et d'action des jeunes, qui déjà vivent dans des conditions précaires, alors, hein, merde !"

# Posté le vendredi 24 mars 2006 07:04

Petites têtes blondes - 3

- Eric, je peux vous parler deux secondes ?
Il est midi, à la sortie de la classe, quand la maman de Bérénice (le prénom est modifié) m'accoste, l'air plutôt grave.
- Oui, bien sûr.
- Est-ce que vous avez remarqué que Bérénice se lavait souvent les mains ?
- Non, pas spécialement, pourquoi ?
- Parce qu'à la maison, j'ai remarqué qu'elle se lavait les mains très souvent, en se les frottant parfois jusqu'au sang alors je me demandais si à l'école...
- Non, j'ai jamais fait attention, mais si vous voulez je surveillerai.
- Non, parce que la copine de Bérénice, Agathe, a dit à sa mère que Bérénice se lavait beaucoup les mains à l'école aussi mais le plus souvent en se cachant ou en venant se les laver pendant la récréation.
- Ah bon. Je ferai attention, ne vous inquiétez pas.


C'était il y a à peu près trois semaines. J'ai surveillé, discrètement. La petite Bérénice, 8 ans, CE2, un petit bout de gamine pas très épaisse mais rigolote avec sa tignasse bouclée qui vire au roux, ses grands yeux verts espiègles et son grand sourire auréolé de tâches de rousseur, est une élèves très studieuse. Elle bosse bien et consciencieusement. C'est une enfant qui a redoublé son CP parce qu'elle avait fait un blocage au niveau de l'apprentissage de la lecture : elle ne voulait pas grandir, et pour elle savoir lire était synonyme de "grandir". Le blocage a disparu au cours de son deuxième CP après que sa maîtresse et ses parents lui ont bien expliqué tous les tenants et les aboutissants de la lecture. Bref, depuis, la petite cartonne et se débrouille vraiment bien. Mais voilà, j'ai donc remarqué que Bérénice se lavait effectivement les mains assez souvent même si parfois, ouvrir le robinet et passer les mains dessous lui suffit.

Ce matin, au "Quoi de neuf ?", Bérénice vient au tableau et annonce à toute la classe : "Voilà, hier j'ai été au médecin parce que maman elle s'inquiétait que je me lave souvent les mains. Mais je suis pas malade, hein. C'était juste pour parler avec le médecin. Alors on a parlé. On a aussi parlé de savoir pourquoi je mangeais pas beaucoup. Le médecin, en fait, il a dit que quand je mangeais, souvent, les aliments, ils remontaient dans ma gorge et que donc, je pouvais plus manger.."
Voilà, mot pour mot (ou presque, ce qu'elle a dit. J'ai pas insisté mais la description qu'elle fait de son entrevue avec le médecin m'étonne. Cela me surprend déjà qu'elle en parle devant tout le monde et les symptômes qu'elle décrit me rappellent certaines émissions de télé... je n'ose pas mettre un mot là-dessus.


Midi.
- Eric, je peux vous parler deux secondes ?
La maman de Bérénice semble encore un peu plus grave que d'habitude alors que d'habitude, un sourire radieux illumine son visage (c'est pas la mère de sa fille pour rien).
- Je vous écoute.
- J'ai emmené Bérénice chez le médecin hier.
- Oui, elle en a parlé au "Quoi de neuf". Ça m'a surpris, d'ailleurs.
- C'est l'anorexie.
Ces yeux me regardent. Je ne sais pas ce qu'elle attend de moi.
- De l'anorexie accompagnée de TOC.
Bérénice arrive sous le préau. Sa mère retrouve le sourire, me lance un regard complice et me souhaite un bon appétit. J'en fais autant.


C'est donc ça. Bérénice a 8 ans, elle vit avec ses parents, son frère et sa s½ur dans une famille qui paraît idéale, très proche de la nature avec tout plein d'animaux partout... et le verdict tombe : elle est anorexique avec TOC.

Je dois me poser les mêmes questions que ses parents : Pourquoi ? Comment y remédier ?
Comme ses parents, je n'ai pas réponse. Je ne sais même pas si à mon niveau, je peux faire quelque chose pour eux, pour elle.

# Posté le jeudi 23 mars 2006 11:22

22 novembre - 22 mars : 4 mois.

22 novembre - 22 mars : 4 mois.
Photo : Cette entrée est sponsorisée par SFR et son forfait "Appell illimité, texto et MMS illimité vers 3 numéros au choix". lol

22 novembre 2005.

- OK. Bonne nuit. Gros bisous.
- Bisous. Bonne nuit. A demain.
Il raccroche, je raccroche.
Je suis allongé dans mon lit, mes yeux fixent un plafond qu'il ne voit pas dans le noir. Il est minuit passé, nous sommes donc le 22 novembre. Comment lui dire ? Lui faire savoir ce que je ressens exactement ? Ai-je besoin de lui dire, d'abord ?
Une idée. Je fouille dans mon téléphone à la recherche de ce texto un peu particulier. Je le trouve, le regarde une dernière fois avant de l'envoyer. Une fois qu'il sera parti, je ne pourrai probablement plus reculer. Les images successives d'une main adoptant diverses positions de langues des signes et pour finir une phrase qui s'inscrit en rouge, c'est la traduction des gestes : Je t'aime.
Envoyer.

Accusé de réception.

Les secondes passent.

Je suis allé trop vite ?
J'ai brûlé les étapes ?
Mais oui, suis-je con !
Ce type, ce Mathieu, je ne l'ai jamais vu, jamais senti près de moi, jamais touché. Je le connais depuis les quelques mois qu'il laisse des commentaires sur mon blog et c'est seulement depuis quelques jours que l'on discute au téléphone. Qu'on discute tous les jours au téléphone ! Je n'arrive plus à m'endormir sans le son de sa voix, sans son rire... Je me rends bien compte que je suis devenu Mathiodépendant mais lui ? Chacun de nous a fait des allusions plus ou moins claires sur de probables sentiments... Ai-je mal interprété ? Et puis, après ? Il habite en Bretagne et moi en pleine Beauce... Plus de 400 km nous séparent, comment gérer ça ? Je ne sais pas, j'ai pas réfléchi, je n'ai vu que les sentiments, je n'ai pensé qu'à l'amour que j'ai pour lui..


Mon téléphone sonne.
Sur l'écran : Mathieu. Je décroche.
- Allô ?
Derrière sa voix, en fond sonore, une musique qu'il n'y avait pas tout à l'heure quand on a raccroché : "Tu me fais tourner la tête", d'Etienne Daho.
- J'ai reçu ton texto.
- Ah.
Blanc.
Noir.
- Moi aussi, je t'aime.


Ça fait exactement quatre mois.
Quatre mois pendant lesquels cet amour se renforce au jour le jour.
Quatre mois pendant lesquels nous nous sommes vus (une semaine en Décembre, en Bretagne, pour passer tous les deux le moment fatidique du "BONNE ANNEE !" et une semaine en février où il est venu vivre à la maison), nous nous sommes touchés, caressés, embrassés, regardés les yeux dans les yeux..
Quatre mois pendant lesquels nous avons parlé, ri, pleuré..
Quatre mois pendant lesquels j'ai fait connaissance avec ses amis, et lui avec les miens..
Quatre mois pendant lesquels je n'arrête pas de lui répéter :
"Je t'aime, Mathieu".

# Posté le mercredi 22 mars 2006 03:54

Flash Back

Flash Back
Photo : Je me souviens... (si, si c'est moi sur le dessin, je te jure ! Bon ok, j'avoue ! Rrrrhhh !)

C'est le Printemps et je cède à la pression. Je change le sens de lecture du blog...


Il y a un peu plus d'un mois maintenant j'annonçais à mes parents une nouvelle assez terrible (lol) qui allait bouleverser la vision relativement lisse qu'ils avaient de leur fils aîné.
En effet, ce 15 février dernier, leur grand garçon de bientôt 30 ans, leur annonçait, non sans une certaine appréhension, qu'il avait un amoureux et que donc il était pédé. Glurps ! La pilule est passée sans trop de mal... depuis, nous n'en avons pas reparlé.

Mais une question de ma chère maman me trottine dans l'esprit. Après les quelques secondes de digestion de la nouvelle, mes parents et moi avons discuté et ma mère m'a demandé comment ça m'"avait pris", depuis quand ? Même si la question manque de tact (mais je ne peux pas leur en vouloir, ça fait quand même un petit quelque chose de réaliser que leur grand préfère les beaux mecs virils aux belles blondes plantureuses), j'y réfléchis. Sur le coup, j'ai répondu que je n'en savais trop rien...
Mais maintenant, je réfléchis, je reviens plusieurs années en arrière, je prends du recul, j'analyse et donc je m'interroge..

Est-ce qu'un petit garçon qui préfère plus volontiers jouer avec les filles dans la cour de récré qu'avec les garçons qui tapent bêtement dans leur ballon est automatiquement voué à la gay-attitude ? C'est un tantinet cliché, mais je me pose la question.. Etait-ce chez moi un signe précurseur ?
Et pourquoi avoir réaliser si tard que j'étais homo alors que certains souvenirs de collège qui me reviennent en mémoire me pousse à penser que j'aurai pu réaliser la chose beaucoup plus tôt !

En effet, quand, lors d'un voyage scolaire où vous dormez dans la même chambre avec deux de vos camarades, vous essayez d'entrapercevoir des bouts de corps, des sorties de douche..
Quand pour s'amuser les deux autres se mettent debouts sur leur lit pour vérifier, dans le contre-jour de la pleine lune, lequel des deux à la plus belle érection sous son pyjama et que vous refusez tout participation à ce genre de truc parce que quelque part vous sentez que ce spectacle ne vous amuse pas mais plutôt que.. horriblement.. il vous excite !
Quand dans vos premiers rêves un peu coquins ce n'est pas toujours la belle fille de 5ème 2 qui vous jette des regards lubriques, mais plutôt le garçon du troisième rang de la classe..


Avec tout ça, il y avait quand même de quoi se poser des questions, non ? Alors pourquoi est-ce que je me les suis posées beaucoup plus tard ? Je ne sais pas trop répondre...
Est-ce que je croyais naïvement que tous les garçons pouvaient ressentir ce genre de chose ?
Pensais-je que ça allait passer tout seul ? En vieillissant ?
Avais-je inconsciemment décidé de tirer un trait sur cette part de moi en mettant complètement de côté la moindre trace de vie sentimentale ? Car le nombre de fille fréquentée "assidûment" (j'entends par là, le fait de "sortir" avec une fille) au collège s'élève péniblement à.. zéro, ce qui faisait de moi une sorte de grand gaillard coincé du c***.

Bref, je m'interroge toujours mais les réponses sont maintenant peu importantes puisque le temps a fait que...


Oh la la ! Je raconte ma vie, là ! Fallait m'arrêter avant au lieu de me laisser parler comme ça !

# Posté le lundi 20 mars 2006 16:08

Modifié le lundi 20 mars 2006 16:23

Dimanche midi, toujours au cinéma...

Dimanche midi, toujours au cinéma...
Eh oui, effectivement, je n'ai pas pu m'empêcher.

J'ai vite récupéré mes clés au cinéma et ça a été plus fort que moi. J'avais envie de voir Renaissance, un film d'animation 3D français de Christiant Volckman, j'y suis allé.

Noir.

2054. Dans un Paris labyrinthique où chaque fait et geste est contrôlé et filmé, Ilona Tasuiev, une jeune scientifique jalousée par tous pour sa beauté et son intelligence, est kidnappée. Avalon, l'entreprise qui emploie Ilona, fait pression sur Karas, un policier controversé, spécialisé dans les affaires d'enlèvement, pour retrouver au plus vite la disparue.
Karas sent rapidement une présence dans son sillage. Il n'est pas seul sur les traces d'Ilona et ses poursuivants semblent prêts à tout pour le devancer.
Retrouver Ilona devient vital : la jeune femme est l'enjeu d'une guerre occulte qui la dépasse. Elle est la clef d'un protocole mettant en cause le futur du genre humain. Le protocole Renaissance...



Eh bien, voilà un film extra-ordinaire, au sens littéral du terme. Un film uniquement en Noir et Blanc. (Attention, je dis bien Noir et Blanc et non pas Nuance de gris)
C'est hallucinant. On se laisse assez facilement emporté par l'histoire, par l'atmosphère, les décors, et les personnages de cette petite merveille. C'est un véritable petit bijou technologique et cinématographique que ce film. Certes l'histoire ne brille pas par une originalité époustouflante mais on ne peut qu'admirer la prouesse.
Ce film a certainement de quoi devenir culte pour les amateurs du genre. Le Paris de 2054 est exceptionnel.

Bref, un beau travail.

# Posté le dimanche 19 mars 2006 13:36